Una taza de té. Une tasse de thé.

 Henri Cartier Bresson.

 

El té calienta mi boca

y mis manos aferradas a la taza.

Detrás de la ventana

los árboles del parque clarean

los sauces ya no lloran

y los pájaros descansan antes de la borrasca

lejos, muy lejos, del mar de China.

El lago de mis sueños chapotea a mis pies

filtrado bajo la tibieza de mi piel

mis venas desbordan bajo su crecida

sus pueblos lacustres se reflejan

en el ámbar de su cielo acuático

rizado por la cadencia suave

de un remero que otea hasta la melopea

un horizonte trenzado de ninfeas

y sueña retener en sus redes el oro

del día que nimba mi taza

y se despliega como una cometa ebria

sobre una mañana de septiembre,

urbana, lluviosa y triste.

 

 

 Version française.

 

 

 

Le thé réchauffe ma gorge

et mes mains ferrées à la tasse.

Derrière la fenêtre

les arbres du parc s´éclaircissent

les saules n´ont plus de larmes

et les oiseaux se reposent avant la bourrasque

loin, très loin de la mer de Chine.

Le lac de mes songes clapote à mes pieds

infusé sous la tiédeur de ma peau

mes veines débordent de ses eaux

ses villages lacustres se reflètent

dans l´ambre de son ciel aquatique

frisé par la  sourde cadence

d´un rameur qui guette jusqu´à la mélopée

un horizon tressé de nénuphars

et qui rêve de capturer dans ses filets l´or

du jour qui nimbe ma tasse

et se déplie comme un cerf volant ivre

sur cette matinée de septembre,

urbaine, pluvieuse et grise.

 

 

 

 

22 pensamientos en “Una taza de té. Une tasse de thé.

  1. Chère Anne,

    Quel merveilleux poème ! Si je suis un peu pour quelque chose dans le fait que vous avez débloqué votre peur de vous exprimer dans votre langue maternelle — ainsi que vous l’écriviez dans votre commentaire —, j’en suis vraiment très heureux.

    La beauté s’élève dans la mélancolie d’un jour d’automne… Plus loin, ou très près, je ne sais, dans Madrid, l’Histoire se joue et les hommes se battent.

    Sans loisir et sans goût pour la poésie, n’ayant que mépris pour elle, les usuriers planétaires étrillent des peuples sans loisir et sans goût pour la poésie, n’ayant que mépris pour elle. Il y a bien sûr des exceptions — des deux côtés ?

    La photo est très belle. Jeune homme, en Asie, j’admirais l’élégance du geste de ceux qui pêchent ainsi : un geste qui, pour que le filet se déploie parfaitement, demande à être exécuter sans hésitation et sans y penser — un peu comme certains poèmes, ou comme la calligraphie zen. Et beaucoup de force physique.

    Je ne sais pas si j’ai oublié ce geste élégant et puissant, mais je me souviens de la douceur du monde dans lequel je jetais ce filet… loin, très loin sur les rivages de l’Océan Indien…

    Bien à vous,

    R.C.

    • Cher R.C.,

      N´en doutez pas, vous êtes bel et bien l´auteur de mon déblocage! Pourquoi? À vrai dire je n´en sais rien. Un concours de circonstances, le hasard? Qu´importe! Je vous en sais gré, c´est ma seule vérité.

      A Madrid, les hommes se battaient hier, tout près de chez moi, l´atmosphère est tendue et l´époque tellement usurière qu´elle en devient suffocante. Des exeptions, il y en a heureusement, de part et d´autre. Si la poésie n´était pas libre penseur, elle ne serait plus, n´est- ce-pas?

      La photo est très belle, la grâce du geste détenue dans tout son déploiement d´envol. Qu´elle chance, avoir vécu en Asie! J´ai visité l ´Asie un grand nombre de fois. Le lac dont je fais mention est le lac Inle au Cambodge, un endroit sublime de douceur et de quiétude, si éloigné du monde qu´il s´est enraciné en moi comme les racines des nymphéas qui le submergent.

      Votre commentaire est très beau, je vous en remercie.

      Bien à vous,

      Anne

  2. Es de los poemas más bellos que te he leído, Anne. La foto no desluce tu post.

    Hay una palabra que, sin embargo, no me acaba de convencer “acuático” detrás del cielo. Es, claro, sólo mi percepción personal; además, yo no soy poeta. Espero que no te moleste.

  3. Anne
    esta fotografia è como uma flor (gosto muito do preto/branco mas esta se fosse colorida penso que ganharia em cor e vida).
    O outono… O verão fez nos queimar a pele e andar ao sol em grandes espaços abertos. O outono levou-nos para os interiores, o conforto, a intimidade. Aí agradecemos a chávena de chá pela tarde e o calor que nos fica nas mãos, ou até o whisky bebido ao serão e nos aquece por dentro. Os prazeres tem menos paixão mas mais sabor.
    um abraço

    • xico, no es una flor! Es una cometa, una estrella de papel!… una muestra de agradecimiento a tu comentario a mi post anterior, así como al precioso poema que me adjuntaste. La parte de mi poema donde surge una cometa… es un guiño para ti! Y me parece perfecto que tus ensoñaciones nazcan en el ámbar de una copa de whisky!

      Foi um sonho que eu tive:
      Era uma grande estrela de papel,
      Um cordel
      E um menino de bibe.

      O menino tinha lançado a estrela
      Com ar de quem semeia uma ilusão;
      E a estrela ia subindo , azul e amarela,
      Presa pelo cordel à sua mão.

      Mas tão alto subiu
      Que deixou de ser estrela de papel,
      E o menino, ao vê-la assim, sorriu
      E cortou-lhe o cordel.
      M. TORGA

    • Concha, en Madrid no nos hemos quedado atrás, diluvio es una palabra que se queda corta para describir las trombas de agua caídas! Un consuelo: Madrid es ahora una ciudad limpia!
      Un abrazo

  4. Chère Anne,

    J’essaie tant bien que mal de suivre le fil des commentaires de vos amis. Bien entendu, beaucoup de choses m’échappent.
    Tout de même, « aquatique », en français, à ce moment du poème et pour traduire ce que vous évoquez, sonne très bien. Mais je ne préjuge pas — et je suis même bien incapable de juger… — la question pour l’espagnol.

    D’ailleurs, à part « lacustre » que vous utilisez juste avant, et « nautique », qui est vraiment impossible, quoi d’autre ? Pour le français, ici, nous « votons » pour aquatique que nous trouvons parfait.

    Par contre, dans mon précédent message vous aurez corrigé « demande à être exécuter » en « demande à être exécuté »… Le français évolue… mais pas à ce point-là.

    Pour ce qui est de l’Asie, disons que ce que l’on pouvait y rechercher c’est : « un endroit sublime de douceur et de quiétude… éloigné du monde… », comme vous l’écrivez si bien.

    Vous aurez compris que ces quelques lignes étaient un prétexte pour vous souhaiter un beau week-end, ensoleillé par « le vin et la bonne cuisine », et vos amis.

    Bien à vous,

    R.C. Vaudey

    • Cher R.C.,

      Mais c´est vous maintenant qui allez écrire dans la langue de Cervantes!

      Ne soyant pas une femme très sûre d´elle même (pour ne pas dire, pas du tout), toutes les suggestions à propos de mon écriture sont les bienvenues. Je pensais que l´adjectif aquatique était exact en tant que sensation visuelle (l´eau se reflétait dans le ciel ainsi que le ciel dans l´eau formant une unité merveilleuse de beauté). J´ai donc utilisé un adjectif incohérent dans une réalité objective… mais très cohérent, sensuellement parlant.
      Je m´embrouille!

      Quand aux fautes de frappe, et non d´ortographe, ne vous en souciez nullement. Nous en commettons tous énormément.

      Je vous souhaite un très bon week end ensoleillé. Ici ce n´est pas le cas, le parapluie étant de rigueur!

      Bien á vous,

      Anne

  5. Hola Anne, sigo tu blog, no a dario pero a menudo, desde hace mucho tiempo. Por tanto sabía que eras francesa y de Normandía, más exactamente. Lo que no imaginaba era que escribieras tan bien (no confundir con también) en tu lengua materna. Pensaba que habías venido a España de niña y que tu educación había sido en lengua española y por eso poseías un vocabulario tan extenso y tan fino como él que nos regalas en tus escritos. Hablo francés (ni de cerca como tu el español) pues he vivido en Bretaña y paso grandes temporadas allí, ahora que empiezo a jubilarme. Ahora te admiro doblemente!
    Cordialmente
    Alberto

    • Alberto,

      No sabes cuanto ilusión me hace cuando un lector (del cual no tenía constancia), me deja un comentario como el tuyo en mi blog! Es la recompensa a mis esfuerzos, una gran recompensa.

      Empecé a aprender el castellano en el colegio, a los catorce años y a ponerlo en práctica, más en serio, a los diecisiete. La verdad es que, hasta ahora, me desenvolvía con más libertad escribiendo en español… pero de repente, por azar, supongo, me siento liberada de este “molde”. Resulta divertido manejarse casi por igual en dos idiomas: lo que no le sugiere uno, se lo sopla otro!

      Supongo que te pasará igual.

      Te mando un cordial abrazo… siempre y cuando reconozcas que el Mont Saint Michel es normando y no bretón como hacen entrever algunos!

      Anne

  6. Mientras el te calienta mi boca, el silencio se despereza de mis estampas. A lo lejos, el chapoteo de las redes puntua musicalmente el goteo lluvioso del día. Y los ruidos cotidianos se acercan…

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