Guernica, pesadilla en blanco y negro. Guernica, cauchemar en noir et blanc.

 Guernica. Pablo Picasso.

el interruptor de la luz no está en su sitio

me agacho

un filamento azul camuflado

tras una pantalla de opalina

alumbra la escena

.

un desván

.

formas desmembradas

sombras de plomo

ahogan el espacio

.

el chirrido de un gozne

.

estoy encerrada

.

me empujan

.

me caigo

.

me caigo

.

fuera del tiempo

.

unas astillas de madera

se clavan en mis muñecas

.

la lluvia acribilla la ventana

araña

que estalla bajo mi piel

y rastrea mi corazón con sus patas velludas

.

miseria de un nido de paloma

erigido sobre un cúmulo de escombros

.

mis ojos desbordan

de anzuelos

lágrimas de sangre

mohosa

.

un caballo blanco

se hunde en mi vientre

relincha

con violencia

.

me lleno de silencio

quiere huir

no puede

no puedo

.

bajo el sudario

no hay puerta

fauces desdentadas

mastican

el vacío

.

único objetivo

Version française.

Guernica. Détail. Pablo Picasso. 

L´interrupteur n´est pas à sa place

je me baisse

un filament bleu camouflé

derrière un abat jour d´opaline

illumine la scène

.

un grenier

.

des formes démembrées

ombres de plomb

étouffent l´espace

.

le crissement d´un gond

.

je suis enfermée

on me pousse

je tombe

.

je tombe

.

en dehors du temps

.

des esquilles de bois

clouent mes poignets

.

la pluie mitraille la fenêtre

araignée

qui éclate sous ma peau

et griffe mon coeur avec ses pattes vellues

.

misère d´un nid de colombe

érigé sur un cumulus de décombres

.

mes yeux débordent

d´hameçons

larmes de sang

moisi

.

un cheval blanc

se plante dans mon ventre

hennit

avec violence

.

me remplit de silence

il veut fuire

il ne peut

je ne peux

.

sous le suaire

il n´y a pas de porte

des gueules édentées

mâchent

le vide

.

unique objet

20 pensamientos en “Guernica, pesadilla en blanco y negro. Guernica, cauchemar en noir et blanc.

    • Elena, angustia eterna la de la violencia repetida en sus mil variantes. Todos los días, y desde el albor de los tiempos, nace un nuevo Guernica con sus mil disfraces. Seguimos sin aprender, una pena. Gracias a ti, Elena, por comentar.
      Un abrazo

  1. Chère Anne,

    Vous êtes aussi expressive et intense, dans vos poèmes, lorsque vous traduisez l’angoisse que lorsque vous évoquez — par exemple à travers vos impressions d’un après-midi d’automne encore estival — la grâce du Temps qui s’ouvre, merveilleusement, en un éclair, dans le courant de la vie qui passe…

    Vous m’avez, encore une fois, saisi par votre intensité…

    J’étais en train d’écouter ceci, que je ne connaissez pas, http://ctifanblog.blogspot.fr/2012/05/milt-jackson-sunflower-cti-6024.html, qui, vous l’avouerez, ne prépare pas vraiment au très beau et très sombre — et très véridique, malheureusement — choc que fait votre poème.

    Je vous en donne le lien ainsi que celui du site où j’étais en train de l’écouter (http://ctifanblog.blogspot.fr), et que je viens de découvrir — qui a l’air très bien… pour peu qu’on aime ce genre… : peut-être, dans un autre état d’âme, y trouverez-vous quelque chose qui vous plaira…

    Sinon vous ne m’en voudrez pas.

    Bien à vous,

    R.C. Vaudey

    • Cher R.C,

      Je viens de me promener sur le site que vous m´avez recommandé, et j´en reviens ravie! Qu´elle subtilité dégage cet endroit sublime où le soleil caresse les fleurs entre les notes boisées des arbres. Merci! Cet état d´âme me convient absolument.

      Quand au petit poème du Guernica, je l´ai écrit parce que il y a des expositions à Madrid ainsi qu`à New York inspirées par les tableaux de Picasso en noir et blanc ainsi que pour commémorer le soixante quinzième anniversaire de son plus célèbre tableau.

      Mon inpiration je l´ai puisée dans un souvenir d´enfance: la maison de ma grand- mère possédait un très grand grenier, où s´entassait tout un bric à brac, je mis suis retrouvée enfermée, et j´en garde un très mauvais souvenir… souvenir où j´ai greffé les sensation que m´inspirent le Guernica ainsi que toutes les images de guerre qui nous assaillent au quotidien.

      À Madrid il fait un temps splendide et je vais de ce pas me promener á nouveau entre les accords de sunflower Merci encore.

      Bien à vous,

      Anne

      P.S. J´ai essayé de laisser un commentaire sur votre site… impossible! C´est à en croire que j´ai une tête de robot!

  2. El Guernica sigue siendo actual. Las luchas permanentes en el mundo, casi crónicas o endémicas nos enseñan los dientes. Esa tensión de que alguien se le ocurra apretar un rojo botón, hace encender el cobijo de la angustia y la soledad. Excelente tu poema que nos hace transitar por el miedo y la ausencia.

    • Querido rub,
      La violencia es, desafortunadamente, nuestro desayuno diario, en vivo y en directo y desde cualquier rincón del mundo. Lo peor es que,con este aluvión constante de imágenes, la violencia no sorprende tanto y tenemos que luchar contra este conformismo… cada uno a su manera. Porque empeñarse en estropear tanto la belleza de la vida?
      Un abrazo

  3. Chère Anne,

    J’avais fait le rapprochement entre les expositions Picasso du moment et votre poème. J’avais même compris qu’il s’agissait d’un souvenir d’enfance que ravivait la violence du monde actuel — qui ne se contente pas de réveiller les peurs endormies mais qui en crée de nouvelles, bien réelles… Tout de même, vous avez toujours cette façon si singulière et si impressionnante de mêler dans vos poèmes le passé, le présent et la considération du futur, qui ne laisse pas de me saisir.

    Vous le voyez, vous avez donc un « aficionado »… comme on dit en français !

    Pour notre blog, je n’ai pas trouvé de solution : soit il est privé, et seules quelques personnes invitées peuvent le voir et le commenter, soit il est public, et les commentaires sont soit ouverts à tous, soit fermés à tous. J’avoue que je ne sais pas où est allé votre commentaire que j’aurais aimé lire. Vous savez comment me le faire parvenir si vous le désirez.

    J’explore toujours l’excellentissime site de M. Alain Manuel dont j’écoute en vous écrivant http://ctifanblog.blogspot.fr/2012/02/grover-washington-jr-mister-magic-kudu.html, dans la nuit, loin de la guerre « économique » qui nous cerne, près de mes pinceaux, de mes toiles, de mes livres, et aussi de tout ce qu’il faut pour écrire… La preuve…

    C’est chaque instant, lorsqu’il s’offre, qu’il faut goûter…

    Je vous souhaite une belle journée.

    À vous,

    R.C. Vaudey

    • Cher R.C.,

      Vous êtes très intuitif. Je le savais déjà.

      “Aficionado”, s´emploie en tauromachie! C´est un mot puissant qui renferme beaucoup de patience, suggère d´énormes sacrifices, car pour voir une corrida qui soit de l´art (un art cruel et barbare, il est vrai), il faut être dévoué à la cause! Vous verrez par vous même, si ce mot vous convient!

      N´ayez aucune inquiétude pour votre blog, je vais vous envoyer mes impressions par mail (impressions intuitives) ne possédant ,hélas, et cela me chagrine, qu´un vernis de culture.

      Cet après- midi je vais explorer le site que vous me recommandez.

      Je vous envie le talent de peindre, mais je me réjouis que vous le possédiez.

      Je vais goûter l´intant du déjeuner, instant que j´adore, étant d´un naturel gourmand!

      Je vous souhaite un merveilleux après- midi, loin, très loin, de cette atmosphère belliqueuse qui nous cerne.

      Bien à vous,

      Anne

  4. Anne
    Quando a “Guernica” foi exposta pela primeira vez em Madrid (uma sala entre o Prado e os Jardins do Retiro) fui de LIsboa só para vê-la. Tem uma força que me faz pensar ser Picasso o Miguel Angelo do sec.XX. Infelizmente tem sido usada como bandeira de muita gente que não a merece…(Picasso foi um grande artista, não um grande homem ;na minha opinião). A arte quando se mistura com a política perde a sua autonomia; abdica da sua principal arma, a liberdade. Basta ver uma outra série de quadros do pintor com cenas de fusilamentos…um desastre.
    A tua poesia tem o desanimo que uma pessoa pode sentir, nunca uma multidão. Triste pensar que uma multidão nunca seja uma soma de pessoas, mas antes um ser incontrolável e sem raciocínio. O ódio é o sentimento mais irracional…e também o mais cobarde.
    um abraço
    PS: sei que era a estrela…Há coisas que não é preciso dizer porque não se agradecem. Mas naquela foto está uma força que se transforma em beleza, no poema está uma leveza que se tansforma em poesia.

    • Hola xico,

      Debiste de ver el “Guernica” en el Casón del Buen Retiro donde estaba expuesto antes de ser trasladado al Reina. Es inevitable que el Guernica haya sido usado por mucha gente y a su conveniencia. El Guernica tiene también mucho de psicológico, ya que cuando Picasso lo pintó, estaba dividido entre dos mujeres, Dora y Marie Thérèse. Cada uno es muy libre de interpretarlo a su manera (no le quitemos al arte uno de sus mayores logros, la libertad de pensamiento, del sentir individual… que sea dicho de paso, es lo que hago en mi blog!… sentir una obra de arte e interpretarla libremente), pero a mí tampoco me agrada que unos grupos se apropien de una obra de arte, sea cual sea (el grupo o la obra de arte), para convertirla en su bandera.
      Tu post scriptum es muy bello, así es la poesia. La próxima vez no diré nada.

      Un abrazo

  5. Cuatro palabras que contienen el rechazo que sentimos los cuerdos ante la locura de la guerra, de la violencia sin género. Un poema lleno de fuerza que desgarra en su velocidad y en sus metáforas. Y del guernica me auno con Xico. Una lástima que haya sido apropiado por algunos como símbolo de algo concreto y no de lo universal de la repulsa por la violencia. Un saludo

    • Concha, compartimos el mismo sentir, tú, xico y yo: el Guernica es un no contundente a la violencia. Es la lectura que se debe de hacer, hoy en día, de esta obra maestra, desarrollarla fuera de su contexto histórico… igual que “El fusilamiento del 2 de mayo” de Goya… sino, pobre de mí!
      Un abrazo

    • ,,, de nada sirve cerrar los ojos, en efecto. Y quizá sea una lección para enseñarnos a saborear los pequeños placeres de la vida.
      Un saludo.

  6. Pocas palabras, bien puestas, una detrás de otra, van iluminando una pintura que de tan vista se nos va haciendo transparente.
    Aprendo, me lleno con tu poesía, llega como el caballo blanco, como la araña, como las astillas de madera, los anzuelos. Preciosos sonidos, potentes imagenes… gracias Anne.

    • Ana Maria, el Guernica es una obra muy conocida y cuando la tienes delante, te sobrecoge su carga dramática. Lo más triste es que la violencia no cesa (los medios de comunicación y la globalización la han vuelto omnipresente en nuestras vidas) y parece que va in crescendo. Mi próximo post no será tan triste! Gracias por comentar.
      Un abrazo

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