Érase una vez, Mata Mua.

Paul Gauguin. Mata Mua. 

Érase una isla, una isla errante que navega dentro de mí.

A lo largo de mi vida, la he observado, sin cansarme jamás, detrás de cualquier ventana mojada de lluvia, isla tejida de agua y espuma, al alcance de la mano. Isla fantasma que se escurre  entre los dedos, como la arena del tiempo, nada más asirla.

La he visto en el gesto de un niño intentando apresar la luna: los pies de puntillas, en equilibrio sobre el último peldaño de la sombra de una escalera, los brazos tensados por el esfuerzo, inundados de luz.

La he vuelto a ver, esta mañana, en la mirada de una anciana, perdida sobre la superficie de un charco, donde se reflejaba un rayo de sol, multiplicado y fraccionado por las piedrecitas blancas que allí tiraba, una tras otra, con el deseo,  agudo y concéntrico, de encontrar el camino de vuelta.

Cuando la noche cede su sitio al sueño, el mar, empujado por una marea libertina, invade mi dormitorio. Mi cama es isla, verde de jungla, bordeada de playas de arena blanca, recorrida por arroyos cristalinos. Una isla primitiva donde los caballos son azules,  donde los hombres y las mujeres son dulces y calmos, entregados a respirar el latido rojo de una flor sin nombre.

Una isla donde naufragar los días de desesperanza, cuando la mancha de un espejo sin  azogar se adhiere a la piel, cuando la ausencia y el silencio impregnan la acera.

Por navegar dentro de mí,  sé que mi isla es tan inaprensible y dorada como lo es una reminiscencia de vida, sé que es una quimera que se escapa para pegarse sobre la pantalla de mi ordenador, rodeada de letras, olas que se curvan y se aplanan hasta perderse en el océano virtual.

Y mi isla de susurrarme:

_ Ánclame, a pesar de todo, con un punto, rebelde, salvaje y libre

érase  una vez

Version française.

 

Paul Gauguin.

Il était une fois une île, une île errante qui navigue en moi.

Tout au long de ma vie, je l´ai observée, sans jamais me lasser, derrière une fenêtre mouillée de pluie, île tissée d´eau et d´écume à portée de la main. Île fantôme qui glisse  entre les doigts comme le sable du temps.

Je l ´ai vue dans le geste d´un enfant essayant d´attraper la lune, en équilibre sur la pointe des pieds,  posés sur le dernier échelon de l´ombre d´une échelle, les bras raidis par l´effort, illuminés de clarté.

Je l´ai revue, ce matin, dans le regard d´une vieille dame, perdue sur la surface d´une flaque où se reflétait un rayon de soleil, multiplié et fraccioné par les petits cailloux blancs qu´elle y jetait, les uns après les autres, avec l´espoir, aigu et concentrique, de pouvoir, enfin, trouver le chemin du retours.

Quand la nuit cède sa place au sommeil, la mer, poussée par une marée libertine, envahit ma chambre. Mon lit devient île, vert de jungle, bordé de plages de sable blanc, parcouru de rivières cristalines. Une île primitive où les chevaux sont bleus,  où des hommes et des femmes, doux et calmes, respirent avec ardeur l´élancement de sang d´une fleur sans nom.

Une île où pouvoir échouer, les jours de désespoir, quand la tache d´un miroir sans tain adhère à la peau, quand l´absence et le silence poissent le trottoir.

Comme cette île navigue en moi, je la sais aussi insaisissable et dorée qu´une réminiscence de vie, une chimère qui s´échappe et se colle à l´écran de mon ordinateur, entourée de lettres,  qui,  comme les vagues, se courbent et s´aplatissent jusqu´à se perdre dans l´océan virtuel

Et mon île de me susurrer:

_ Ancre moi, malgrè tout,  avec un point rebelle, sauvage et libre

il était une fois

20 pensamientos en “Érase una vez, Mata Mua.

  1. Isla y quimera: ¡qué paralelismo! La tuya es una isla mágica que consigues hacer que aparezca cuando la necesitas, para esconderte en ella, para perseguirla dentro de ti, para hacer que la vida sea más bella, alejada de la realidad que nos acosa cada vez más como un personaje oscuro de un cuento de ogros y brujas. Tu isla tiene colores maravillosos, y quizá cambiantes. Ha de ser muy hermoso contemplarla en secreto desde detrás de una ventana mojada por la lluvia. Mucha poesía en tu relato, Anne, mucha bella autenticidad, aunque sea soñada.

    • Albert, te agradezco el comentario de corazón. Para escribir este relato, busqué mi inspiración en la vida de Gauguin: se fue a Tahití en un intento de huir de su enfermedad, de Paris y de los problemas que le achacaban. Pensaba encontrarse con el paraíso perdido, una ilusión que se desvaneció, nada más pisar las islas contaminadas por la civilización de la cual renegaba. A pesar de ello se aferró a su sueño e intentó rescatar del olvido lo primitivo, la autenticidad que tanto anhelaba. Creo que, en estos tiempos que nos han tocado vivir, es necesario refugiarse en el arte (bajo todas sus facetas). Nos aporta el consuelo que necesitamos, nos ayuda a escapar de lo cotidiano y nos eleva muy por encima de la miseria humana.
      Un abrazo, estimado Albert.
      P.S. Como verás, estoy haciendo prácticas de traductora!

  2. Chère Anne,

    Je comprends, en m’immisçant dans la conversation, que vous dites « faire des exercices de traduction », ou quelque chose d’approchant : je suppose que vous parlez de votre traduction en espagnol du magnifique texte, en français, que vous venez de mettre en ligne…

    Votre « salon littéraire, poétique et artistique » est un enchantement : très beau graphiquement — on vous envie —, illustré de façon saisissante, par les tableaux de Gauguin, Picasso, Van Gogh, les photographies de Cartier-Bresson ou de votre ami Bruno Mercier — pour les plus les plus récentes illustrations — ces œuvres renforcent encore la puissance poétique et évocatrice de vos poèmes et de votre prose poétique — que vous nous y donnez à découvrir — marqués par votre inspiration toujours changeante — comme votre humeur de poète — allant du plus sombre, à la sensualité la plus légère et la plus enjouée, la plus féminine, et la plus heureuse, et comme rayonnante par la grâce d’une enfant, qui en vous demeure — bien heureusement.

    Cette île de sensibilité, de poésie et de beauté dont nous avons toujours besoin, et plus encore dans ces temps de misères, elle existe : vous nous l’offrez par votre site et votre si belle sensibilité.

    J’ai découvert votre île, qui est aussi votre salon littéraire, au hasard de ma navigation sur Internet — je cherchais « Le Baiser de Munch » : vous l’aviez —, et je me réjouis toujours davantage de l’avoir découverte… et de voir que vous l’avez même un peu aménagée pour le « gentilhomme de fortune » de passage…

    Bonne journée

    Bien à vous,

    R.C. Vaudey

    • Cher R.C,

      La decoration de mon salon vous plaît? Vous m´en voyez ravie… étant décoratrice de profession (bien que je n ´exerce plus)!

      Commee vous l´avez remarqué si justement, je suis hétéroclite, et rien ne me plaît d´avantage que de mélanger les styles. je suis une petite fille que l´unité ennuie profondément. Il en va de même pour mes écrits, je peux passer d´une noirceur extrême à une sensualité enjouée. La platitude n´est pas pour moi. Hélas! On est sans doute plus heureux quand on est coulé dans un moule.

      Votre commentaire me remplit de joie, il est, plus que charmant, plein de charme. Merci, mille fois.

      Quand à l´allusion faite à mes efforts pour traduire mes textes de l´espagnol au français, elle est dirigée à mon ami Albert Lazáro- Tinaut (traducteur émérite), il s´agit de poèmes en français que je lui est promis de traduire à l´espagnol. Albert est le promoteur et inventeur de tablettes de poésie qui ont un coût très bas et qui traduisent des poètes de langues très diverses. C´est un très beau projet où nous participons tous gratuitement, nous nous traduisons les uns les autres (par exemple six de mes poèmes ont été traduit de l´espagnol à l´italien par Albert et Maria Luisa Lamanna (j´ai été la première à être traduite, et j´en suis très fière!). Albert a commencé le projet en 2012, en début d´année, et a déjà édité une douzaine de plaquettes. Beaucoup de travail pour cet homme passionné par son métier et par la poésie. Si il y avait plus d´hommes de cette trempe. le monde serait meilleur. Le projet se nomme “Carmina in minima re”. Voilà, je vous ai tout dit!

      Bon après- midi, il se peut que vous soyez en train de peindre… si il en est ainsi que la joie de vivre colore vos pinçeaux!

      Bien à vous,

      Anne

  3. Dentro de nosotros habita un cielo azul, playas doradas y tormentas por los vientos mediterráneos.Preciosa tu isla querida amiga. bien dicen que los poetas redescubren y nombran a su manera las cosas y las emociones… un beso y un abrazo Rub

    • Dentro de nosotros habita lo que deseamos, no te parece, rub? A veces, habitan en mí paisajes mejicanos. Gracias a ti. Otro gracias por tu comentario.
      Un abrazo

  4. Là tu exagères sur moi, ma chère Anne… Je ne suis qu’un mortel à la retraite qui essaie de faire quelque chose d’utile dans cette vie. Moi aussi je suis hétéroclite, j’ai fait dans ma vie un tas de projets divers. En ces temps difficiles, l’important est de jouir de ce qu’on fait et, si on peut, être utiles à la société. Mon projet de plaquettes de poésie est un projet de résistance culturelle, comme tu sais très bien, pour faire face aux difficultés de tous, des créateurs aussi, quand les institutions ne donnent pas un centime pour la culture. Quand on en a la possibilité il faut le faire, cela devient un devoir de conscience!

    • Mais Albert, ne sois donc pas si modeste! Ton projet est un beau projet, généreux et poétique. Que demander de plus? Par les temps qui courent, c´est une bouffée d´air frais, homme discret entre tous. Vive la résistance culturelle, cher Albert!

  5. Chère Anne,

    En fait, vous n’êtes pas seulement une île : vous faites partie d’un archipel… poétique.

    Je remercie Monsieur Albert Lazáro-Tinaut pour sa délicate attention, puisqu’il a écrit son commentaire en français ; et je me permets de le féliciter pour sa très belle « conspiration » littéraire contre la misère — sous toutes ses formes — du monde actuel.

    Je trouve le projet, tel que vous l’exposez, très beau et très nécessaire : connaissant déjà les poèmes d’Anne — dont – je ne sais pas si je dois le dire – je suis en train de devenir un admirateur — je ne peux que soutenir votre entreprise ! Traduire et diffuser de la poésie est — avec celles qui consistent à la vivre et à en transcrire l’expérience — la plus noble des activités, et certainement celle qui peut le mieux favoriser l’ennoblissement des hommes et du monde qui, pour le moment, lui préfèrent la Technique — le plus souvent sous la forme des automobiles ou des armes.

    Pour vous répondre, Anne, cet après-midi c’était : écriture et coings… Vigne vierge rougeoyante et campagne paisible…

    Bref, la douceur et la beauté.

    Autour : comme une ambiance de guerre civile, ethnique, religieuse, qui monte, petit à petit, sur fond de brigandage financier international ; sans oublier le dangereux frottement — géopolitique — des grandes plaques tectoniques : Iran-Chine-Russie-Syrie, d’un côté, États-Unis et alliés, de l’autre.

    Quand le désert croît, les grands fauves se battent autour des derniers marigots…

    Bref, la violence du monde, telle que vous la connaissez.

    Malgré tout cela, demeure pour moi le chant lyrique de la grâce amoureuse et de la grâce d’exister.

    Sans doute pourrait-on accuser ma poésie d’être très française, puisque les Français ont pour emblème un coq, le seul être qui peut exprimer sa vitalité lyrique tout en étant perché sur un tas de fumier… On aurait tort : ce chant-là, nous ne sommes pas nombreux, en France pas plus qu’ailleurs, à avoir le cœur à le chanter… perchés sur le monde, tel qu’il est… Et pour cause…

    « La Bande à Bonnard » (Gauguin, Matisse et quelques autres) reste vivace, mais infiniment minoritaire.

    Avec mon meilleur salut, Monsieur Albert Lazáro-Tinaut.

    Anne, bien à vous,

    R.C. Vaudey.

    • Cher R.C.,

      Quelle jolie expression, celle de “l´archipel poétique”!… et qu´elle joie d´en faire partie!

      Vous savez, quand vous me parlez de votre environnement entre vigne vierge et coings, cela est curieux, parce que je vous imaginais ainsi, entouré de flamboyance (mot inventé(?), je ne sais pas, mais qui pour moi, vient de la vision des Flamboyants, arbres dont je chéris l´évocation faite de douceur et de beauté.

      Quand aux alentours, ils sont effrayants et nous sommes tellement impuissants devant tant de malheur que vous avez raison: profitons de l´instant et de la grâce d´exister. Quand à la bande à Bonnard, qu´elle merveille, elle donne des ailes!

      Votre image du coq m´a bien fait rire!

      Bien à vous,

      Anne, de la bande à R.C. (si vous me le permettez).

  6. Precioso texto y preciosas imágenes de la obra de Gaugin que podemos desde hoy admirar en el Thyssen. Como entiendo a Gaugin. Yo tambien huí de la enfermedad y los problemas a una isla lejana, en Hawaii nada menos . Con tu blog ya no me tengo que ir tan lejos. Por favor hazme un hueco es tu isla. Un saludo

    • Gracias Concha, tú también tienes una isla dentro de ti, que cultivas muy bien, por cierto. No te hace ninguna falta la mía. Cuando quieras compartimos nuestros mundos interiores, y los enriquecemos, visitando la exposición del Thyssen.
      Un abrazo

  7. Anne, nombras algo que es dificil de nombrar. Una isla, nunca lo había pensado así y leyendote la sentí. Tienes el don de nombrar hermosamente esa cosa eterea que nos habita y que nos sirve de refugio. Un abrazo.

  8. ¡¡ Ay, esa isla !! Yo, desde luego, la tengo, me la he ido construyendo a lo largo del tiempo y en ella también se aprecia la realidad. Tengo unas ganas locas de ir a Madrid y ver esa exposición, entre otras. Tal vez a comienzos de noviembre, Anne. Besos.

    • zambullida, todos la tenemos pero algunos no lo saben por no haberla buscado.Todavía no he visto la exposición… no me faltan ganas!
      Un abrazo

    • minicarver si se encontrase siempre, sin esfuerzo, nuestra isla no tendría magia! Me alegra encontrarte por aquí de nuevo.
      Un abrazo

  9. Anne
    uma ilha que navega dentro de ti, como um paraiso perdido onde regressas quando o o mundo te abafa, te pisa. ” Mata Mura” dá a ideia desse paraiso que Gauguin sonhou para si.
    Tu tens a escrita para sair da vida do dia à dia e todos nós que te acompanhamos do outro lado, somos as figuras que povoam essa ilha/navio onde tu inventas, descanças. gritas, sonhas a carícia…
    Um abraço, estejas tu na ilha ou… no dia a dia

    • xico,
      todos necesitamos evadirnos tener nuestra isla secreta, que bien pudiera llamarse alma, territorio donde se forjan los sueños. Pocos gramos pesa nuestra isla alma pero puede ser tan extensa como el universo.
      Un abrazo, estimado xico, desde el día a día de mi alma.

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