Soliloquio en blanco y negro. Poesías publicadas en español y en francés. Séptima entrega.

Portada Juanjo Fernández.

Cuando el sol calienta los barrotes al rojo vivo,  la sombra de tu mano surge en el espacio que tiembla, dulce cueva donde me cobijo.

Cueva llena de caricias agazapadas en los recovecos de una piel que no siente.

Iluminada por los rescoldos, dibujo en su techo, la silueta de tu cuerpo con el hollín de mi mente, y con mi sangre coloreo el silencio.

 

 

 

Te esperaba desnuda en la oscuridad. Tumbada sobre la otomana, me alumbraban las llamas de la chimenea.

Me adivinabas. Sin quitarte el abrigo, te sentabas en la butaca frente a mí. Encendías un habano.

Tu mirada me acariciaba lentamente, se paraba en mis caderas.

Mi cuerpo lleno de murmullos, las llamas crepitaban.

Me giraba hacía ti, lánguidamente, porque sabía que tal era tu deseo.

Reposaba la cabeza sobre el respaldo, una mano bajo la nuca. La otra, guiada por tus ojos, acariciaba mis pechos, los retenía en su palma, los moldeaba y los erguía.

Cuando aspirabas el humo del habano, tu rostro se volvía cobrizo como el de un esclavo.

Mi mano seguía bajando, dibujando arabescos.

Tu mano se unía a la mía, mano salvaje y dulce explorando la jungla de mi vientre.

El puro se consumía en el cenicero, las formas reconocibles se hundían, el latido del mundo se quedaba suspendido en el borde de mis labios.

Edward Munch. The kiss.

 

 Lorsque le soleil chauffe les barreaux au fer blanc, l´ombre de ta main surgit dans l´espace qui tremble, douce caverne où je me réfugie.

Caverne de caresses cachées dans les plis d ´une peau qui n´est plus.

Illuminée par la rougeoiement des braises, je dessine sur son toit la silhouette de ton corps avec la suie de ma pensée, et avec mon sang  je colore le vide.

 

 

 

Je t´attendais, nue dans l´obscurité.  Allongée sur l´ottomane, les flammes de la cheminée dansaient sur le mur.

Tu ouvrais la porte de la rue, une bouffée d´air froid entrait avec toi.

Tu me devinais. Sans enlever ton manteau, tu t´asseyais sur le fauteuil qui me faisait face. Tu allumais un cigare.

Ton regard me caressait lentement, s´appuyait sur mes hanches.

Mon corps rempli de murmures, les flammes crépitaient.

Je me tournais vers toi, languide, parce que je savais que tel était ton désir.

Je laissais tomber ma tête sur le dossier, une main sous la nuque. Avec l´autre, guidée par tes yeux, je caressais mes seins en les faisant frémir.

Quand tu aspirais la fumée de ton havane, ton visage devenait cuivré comme celui d´un esclave.

Ma main descendait encore,  dessinant des arabesques. Ta main se joignait à la mienne,  main sauvage et douce explorant la jungle de mon ventre.

Le cigare se consumait dans le cendrier, la forme des choses chavirait, la pulsion du monde suspendue tout auprès de mes lèvres.

Soliloquio en blanco y negro. Poesías publicadas en español y en francés. Sexta entrega.

 

Portada Juanjo Fernández.

 

 

Me ahogas, el tiempo se sofoca.

Hace calor bajo tu mortaja.

Me lames como  un perro.

Te ladro,

no entiendes nada,

no oyes nada.

Mi cabeza te niega,

mi cuerpo se retrae, lo bloqueas.

En la nada de tu muerte, exiges

que te moldee como arcilla

en el torno de mi vientre.

Tus costillas se atornillan a mi pecho,

un agujero fétido oprime mi boca.

Un grito me despierta.

Detrás de la luz, tus fauces abiertas,

me queman como antorchas.

 

 

 

Olvidar el encierro,

el olor a naftalina,

la hipnosis de las agujas.

Dejar de pisotear

el horizonte pelado

de la punta de los zapatos.

No esconderse más en la oscuridad,

dejar de rozar sus paredes,

no frotarse más a sus larvas.

Dejar de temblar de frío,

arrancar los clavos,

abrir la tapa a puñetazos,

oler la vegetación, y, como ella,

sobrevivir, blindada de indiferencia.

 

 

 Edward Munch.

 

 

Tu m ´étouffes , le temps s´essouffle.

Il fait chaud sous ton linceul.

Tu me lèches comme un chien.

J´aboie,

tu ne comprends rien,

tu n´entends rien.

Ma  tête te nie de gauche à droite,

mon corps se rétracte, tu le bloques.

Dans le néant de ta mort, tu exiges

que je te modèle comme de la glaise

au tour de mon ventre.

Tes côtes se vissent à mon torse,

un trou fétide opprime ma bouche.

Un cri me réveille. Derrière la lumière,

ta gueule s´ouvre et me brûle comme une torche.

 

 

 

Oublier la réclusion

l´odeur à naftaline

l´hypnose des aiguilles.

Arrêter de piétiner

l´horizon pelé

du bout de mes chaussures.

Ne plus chercher l´obscurité des caves,

ne plus raser  leurs  murs,

ne plus me frotter aux larves.

Arrêter de trembler de froid,

arracher les clous,

ouvrir  le couvercle avec les poings

sentir la nature, et comme elle,

survivre,  blindée d´  indifférence .

 

 

Soliloquio en blanco y negro. Poesías publicadas en español y en francés. Quinta entrega.

Portada Juanjo Fernández.

 

 

Entre la red de mis pestañas, te vislumbro en un desván, unos pilares sujetan un techo de maderas pulidas por el mar. Un cielo lechoso fluye en la calma de las ventanas que se balancean en la niebla.

Un lugar sagrado como un templo.

En su centro estás tú como el enigma que plantea el día cuando la noche lo reemplaza.

Mi cuerpo liberado de la herida se refugia en tus ojos.

Las agujas se paran en seco, arañan mi ombligo.

Eres mi epicentro y entre tus brazos me hallo.

 

 

 

Una luz negra baña la habitación como si la primavera y el verano hubiesen pasado de largo. Los ladridos de un perro y las gotas de agua retumban sobre el zinc.

Detrás de la ventana, mi vista se golpea contra una pared tuerta donde se refleja mi imagen en blanco y negro.

Surges a mi lado, te abrazo. No siento ni el calor de tu cuerpo ni la lluvia que fluye. La película se atasca. De nosotros, solo quedan puntos pixelados y el zumbido de la nevera mal calzada.

Un perro me lanza sus garrapatas a la cara y me ladra que estoy loca.

 

 

 

Edward Munch.

 

Sous le filet de mes cils, je t´entrevois dans un grenier, des colonnes  asujettissent un toit de bois poli par la mer. Un ciel de lait  flue et reflue dans le calme des fenêtres  qui  tanguent  dans la brume.

Un lieu sacré comme un temple.

Tu présides son centre  comme l´énigme du jour quand la nuit le remplace.

Mon corps libéré de blessures se réfugie dans  tes yeux.

Les aiguilles s´arrêtent de tourner, griffent mon nombril. Tu es mon épicentre et je tombe dans tes bras.

 

 

 

 

Une lumière noire baigne la chambre comme si le printemps et l´été n´existaient plus. Les aboiements d´un chien et les gouttes de pluie s´acharnent sur le zinc.

Derrière la fenêtre ma vue se cogne contre un mur borgne où se reflète mon image en noir et blanc.

Tu surgis à mon côté, je t´enlace. Je ne sens ni la chaleur de ton corps ni la pluie qui ruisselle. Le film se bloque. De nous  il ne reste plus que des points détachés et le grésillement du frigidaire bancal.

Le chien me lance ses tiques au visage et me crie que je suis folle.