Soliloquio en blanco y negro. Poesías publicadas en español y en francés. Última entrega.

Fotografía Juanjo Fernández.

 

 

Desnuda detrás del cristal,

mi piel se eriza.

Bajo el calor de la ducha,

tus manos me enjabonan,

frotan mi espalda,

se cuelan por los costados,

afloran mis senos,

se deslizan por mis costillas,

descansan sobre mi ombligo, 

se afanan sobre mis nalgas.

Me agarro al grifo.

Jadeante, me doy la vuelta,

la mámpara de cristal me abofetea.

El desagüe me aspira.

Tu espectro me observa en el vaho del espejo. De mi pelo empapado caen gotas sobre la carcoma de tu cuerpo.

Cojo la ropa de ayer tirada en el suelo. El jersey me raspa la piel como el tuyo cuando apoyaba la mejilla sobre él. Olía a sal. 

En el parque las hojas muertas tienen el crujido de las conchas rotas, el agua, el olor de los charcos que se pudren.

De vuelta a mi cubo de cristal, me enredo bajo la manta, petrificada por la dureza del sol.

El tiempo se detiene. Nubes color plomo adhieren al cristal. Con el índice dibujo sombras. Atraída por la claridad  de tu recuerdo, me inclino. Mis manos se aferran al reborde craquelado de la ventana. La pintura se desmiga bajo mi piel, tu silueta se difumina.

Encapsulado en una gota de lluvia el universo se tambalea.

 

  The girl by the window. Edward Munch.

 Nue derrière le verrre poli,

ma peau tremble.

Sous la chaleur de la douche,

tes mains me savonnent,

frottent  mon dos,

se faufilent sous mes aisselles,

affleurent mes seins,

glissent le long de mes côtes,

s´attardent sur mon nombril,

domptent mes reins.

Je m ´accroche au robinet.

Je me retourne, haletante,

la paroie de verre me gifle.

Le tuyau d´écoulement m´aspire.

Ton spectre m´observe dans la buée du miroir. De mes cheveux trempés tombent des gouttes qui rongent ta silhouette vermoulue.

Je m´habille avec mes vêtements d´hier dispersés sur le sol. Le pull me pique la peau comme le faisait le tien quand j ´y appuyais ma joue. Il sentait le sel.

Dans le parc les feuilles mortes ont le crissement des coquillages brisés, et les flaques, l´odeur pourrissante de l´eau qui stagne.

De retours dans mon cube de verre, je m´enroule sous la couverture, pétrifiée par un soleil trop dur.

Le temps s´arrête. Des nuages couleur de plomb adhèrent aux vitres.  Avec mon index, je dessine des ombres. Attirée par la clarté de ton souvenir, je m´incline. Mes mains s´accrochent sur le rebord craquelé de la fenêtre. La peinture s´effrite sous ma peau, ta silhouette s´estompe.

Capturé dans une goutte d´eau,  mon univers chancelle.

P.S. Con esta octava entrega, doy por terminada la presentación de mi poemario: los excesos siempre son malos!

Soliloquio en blanco y negro. Poesías publicadas en español y en francés. Cuarta entrega.

Portada Juanjo Fernández.

El mundo es plano. Una luz se mueve,

fluye como el mar bajo la luna,

repta, se introduce en mis ojos,

mi nariz, mis oídos,

asoma por la comisura de mis labios,

se desliza en mi boca,

cruje bajo mis dientes,

se reproduce en mi saliva.

Anillas gelatinosas

que se desenroscan,

se ensanchan, me llenan.

 

Colonizas mi cuerpo,

todo mi ser palpita.

 

 

 

 

Prisionera del tiempo,

palpo tu huella,

moldeo tu rostro,

tu frente, tu nariz,

el hueco de tus mejillas,

tu boca. Mis labios tiemblan,

deseo de volver a ser besados

por tu cuerpo en la orilla de la cama.

 

 

 

 

En el seno de mi cuarto oscuro,

te revelo. Naces y te yergues

en el fondo de mi cubeta.

Te ahogas, desapareces,

te retengo con mis brazos,

te araño con mis uñas,

labro tu cuerpo,

siembro en tus surcos

racimos de glóbulos rojos.

Love and pain. Edward Munch.

Le monde est plat. Une lumière bouge,

coule comme la mer sous la lune,

glisse, s´introduit dans mes yeux,

mon nez, mes oreilles,

se pointe à la comissure de mes lèvres,

se glisse dans ma bouche,

crisse sous mes dents,

se reproduit dans ma salive.

Anneaux de gélatine

qui se déroulent dans ma gorge,

s´élargissent, me remplissent.

 

Tu colonises mon corps,

tout mon être palpite.

 

 

 

 

Prisonnière de ton temps,

je palpe ta trace,

modèle ton visage,

ton front, ton nez,

le creux de tes joues,

ta bouche. Mes lèvres tremblent

du désir d´être de nouveau embrassées

par ton corps tout entier sur la rive du lit.

 

 

 

 

Au sein de ma chambre noire

je te développe. Tu renais

dans le fond de mon bac.

Tu te noies, tu disparais,

je te retiens avec mes bras,

je te griffe avec mes ongles

je laboure ton corps,

et sème dans tes sillons

des grappes de globules rouges.