Intermezzo. Pour mes chers amis, R.C. Vaudey et sa muse. http://avantgardesensualiste.blogspot.fr/.

Fritz Zuber- Büller.

¡Hoy, lo tengo decidido, mando el mundo a paseo!

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Solo tengo ganas de ser tu gata, tu gata mimosa,

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ganas de hacer relucir mi pelaje hasta darle reflejos de luna,

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ganas de que lo mires, de que lo acaricies y de que me digas:

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¡Ay, gata, gatita mía, tu esplendor me confunde !

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ganas de que tu mano, suave y experta, se pierda en mi espalda,

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ganas de runrunear, panza arriba, las patitas encogidas,

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ganas de frotarme contra ti, ganas de lamer tu cara,

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y una ganas locas de que me susurres, con deje de súplica,

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(al rascarme las orejas) ¡Ay gata, gatita, pichoncita mía!,

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ganas de sacar mis uñas y pulirlas sobre tu torso,

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lo que dura un mundo cuando se le manda a paseo,

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muy lejos del sofá  y de su imprenta de pluma.

Version Française.

 Henri Matisse. Odalisque.

Aujourd´hui, c´est décidé, j´ envoie  le monde se ballader !

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Je veux seulement  être ta chatte, ta petite chatte câline,

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juste avoir envie de faire reluire ma fourrure  jusqu`à lui donner des reflets de lune,

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envie que tu la regardes, que tu la caresses et que tu me dises:

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Mmm…  ma chatte, ma petite chatte, ta splendeur me confond!

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envie que ta main, douce et experte, se perde dans mon dos,

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envie de ronronner,  ventre en l´air, les pattes  recroquevillées,

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envie de me frotter contre toi, envie de lécher ton visage,

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et une envie folle, que tu me susurres, sur un ton de supplique,

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(tout en me chatouillant les oreilles) : –  Mmm… mon chaton, ma minette, ma chatte…,

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envie de sortir mes griffes et de les polir sur ton torse,

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ce que dure le monde quand on l´envoie se ballader,

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très loin du divan et de  son empreinte de plume.

Odalisca con pantalón gris. Odalisque à la culotte grise.

Henri Matisse. Odalisca con pantalón gris.

Dicen que está loca, loca de melancolía.

Que hace tiempo que la tierra dejó de girar y la vida de tener sentido.

Que la alegría y la belleza ya no pertenecen a su léxico.

Bajo el desmoronamiento tiene recuerdos que  le disparan a quemarropa.

Tatuajes de besos sobre su piel

el primero

¿Cómo imaginar que tanta dulzura y tanta calidez pudieran  siquiera existir?

¿Tener cabida en un beso?

Balbuceos de deseo flotando en un halo luminoso de partículas elementales

los  otros

tantos, tan jugosos y tan llenos

estallido de frutas maduras en la penumbra de los trópicos

besos nudo

donde nacen

los alisios

la deriva

el ardor en las mejillas

las ondas sísmicas y un valle

que se abre                      se abre

bajo una cascada de sonrisas aladas de gozo

sonrisas donde ondea el mar y rugen las tormentas

donde arden todos los brillos de todas las constelaciones de todas las noches.

Dicen que está loca, loca de melancolía.

Que hace tiempo que la tierra dejó de girar y la vida de tener sentido.

Que la alegría y la belleza ya no pertenecen a su léxico.

Version française.

 

Henri Matisse. Odalisque à la culotte grise. 

Les gens disent qu´elle est folle, folle de mélancolie.

Qu ´il y a longtemps que la terre a cessé de tourner et la vie d´avoir un sens.

Que la joie et la beauté ne font plus partie de son lexique.

Sous l´éboulement, des souvenirs lui tirent dessus à bout portant.

Tatouages de baisers sous la peau.

le premier

Comment imaginer que tant de douceur et de chaleur puissent seulement exister?

Tenir dans un baiser?

Balbutiements de désir flottant dans un halo lumineux de particules élémentaires.

et tous les autres, si juteux et si pleins

éclatés comme des fruits mûrs sous la  pénombre des tropiques

noeuds coulants  où naissent

les alisées

la dérive

l´ardeur sur les joues

les ondes sismiques

une vallée qui s´ouvre   s´ouvre

sous une cascade de sourires béats

sourires où ondoie la mer  rugissent les tempêtes

où  brûlent tous les éclats de toutes les contellations de toutes les nuits.

Les gens disent qu´elle est folle, folle de mélancolie.

Qu ´il y a longtemps que la terre a cessé de tourner et la vie d´avoir un sens.

Que la joie et la beauté ne font plus partie de son lexique.

Tarde de otoño. Après-midi d´automne.

 La alegria de vivir. Henri Matisse.

¿Y porqué no volver, amor, dime, porqué no volver

a la habitación  de aquel hotel lejano?  Volver y amarnos hasta morir.

¿Recuerdas el rio inmenso (como solo los hay en Asia),

sus soles multiplicados como ninfeas de Monet,

sus ondulaciones doradas navegando sobre nuestra cama,

filtradas por el delicado tamiz del visillo?

volutas blancas mecidas por el aire frio de la Sierra.

Nevó esta noche. Apriétame fuerte, amor, hermano,

apriétame fuerte, que ya llegó el otoño,

laminado en oro como una mujer fatal.

¿Y porque no volver, amor, dime, porque no volver

a la habitación de aquel hotel lejano?  Volver y amarnos hasta morir.

¿Oyes la cadencia de los remos hundiéndose en el agua,

al niño que, con su flauta, canta a la luna, justo bajo nuestra ventana,

la curva musical de nuestros cuerpos, adagio de Debussy,

elevándose bajo el claro oscuro del velo de nuestras pestañas?

las hojas del castaño encienden la pradera.

El viento cruje. Apriétame fuerte, amor, hermano,

apriétame fuerte, que ya llegó el otoño,

laminado en oro como una mujer fatal.

¿Y porque no volver, amor, dime, porque no volver

a la habitación de aquel hotel lejano?  Volver y amarnos hasta morir.

¿Hueles la esencia de las jaracandás, sombra violeta, aureola de mis ojos,

el olor anaranjado de los mangos apilados en la barcaza,

el sabor dulce de nuestros cuerpos, pinceladas de Matisse,

madurado en el ámbar de nuestro paladar, oriental de especies?

La llama, fragancia de jazmín, baila sobre la superficie del espejo,

en el iris de tus ojos…  llama que prendes en mí, tú que me besas,

muy lejos de Asia, muy cerca del Retiro, donde, esta mañana,

se contoneaba el lago acariciado por un viejo acordeonista.

¿Y porque no quedarnos, amor, porque no quedarnos,

tumbados sobre nuestro lecho, ocupados en amarnos,

hasta que la vela se consuma, hasta la oscuridad?

Version française.

La joie de vivre. Henri Matisse. 

Et pourquoi ne pas retourner, mon amour, dis-moi, pourquoi ne pas retourner

dans la chambre de cet hotel lointain? Y retourner et nous aimer à en mourir.

Te souviens- tu de la rivière inmense ( comme seulement il y a en Asie),

de ses soleils multipliés, nimphéas de Monet,

de ses ondulacions dorées naviguant sur notre lit,

filtrées par le tamis délicat  des rideaux?

volutes blanches berçées par l´air froid des montagnes.

Il a neigé cette nuit. Serre-moi fort, mon amour, mon frère,

serre- moi fort, l´automne est arrivé,

laminé d´or comme une femme fatale.

Et pourquoi ne pas retourner, mon amour, dis-moi, pourquoi ne pas retourner

dans la chambre de cet hotel lointain? Y retourner et nous aimer à en mourir.

Entends- tu la cadence des rames plongeant dans l´eau si dense,

l´enfant qui, avec sa flûte, chante la lune, juste sous nos fenêtres,

la courbe musicale de nos corps, adagio de Debussy,

qui s´élève sous la voilette clair-obscur de nos cils?

les feuilles mortes rougeoient  sur la pelouse.

Le vent crisse. Serre moi fort, mon amour, mon frère,

serre- moi fort, l´automne est arrivé,

laminé d´or comme une femme fatale.

Et pourquoi ne pas retourner, mon amour, dis-moi, pourquoi ne pas retourner

dans la chambre de cet hotel lointain? Y retourner et nous aimer à en mourir.

Sens- tu l´essence des jaracandas, ombre violette qui cerne mes yeux,

l ´odeur orangée des mangues apilées sur la barcasse,

la douce saveur de nos corps, touches de Matisse,

mûrie  dans l´ambre de nos palais, gorgés d´épices?

La flamme de la bougie, fragrance de jasmin, danse sur le miroir,

dans l´iris de tes yeux, puis  tu l´ allumes en moi, toi qui m´embrasses,

très loin de l´Asie, et près du Retiro, où, ce matin,

l´étang brillait de tous ses feux, caressé par un vieil accordéoniste.

Et pourquoi ne resterions- nous pas, pourquoi ne resterions- nous pas,

étendus sur notre lit, occupés à nous aimer, confondus de joie,

jusqu´à  l´extinction de la flamme, mon amour, jusqu´à l´obscurité?

Parsifae.

 Parsifae. Henri Matisse.

 

Solo fue al tocar la grieta,

herida de piedra,

pozo de miedo,

opacidad de silencio,

cuando entendí la fuerza de tu piel;

de tu piel incluida en mí.

.

A mil brazas de profundidad,

estabas, imaginado y cierto.

.

Bajo el sudario,

tu piel, gris de escamas,

disolución de galaxias,

de esbozos de luz,

furor y quebrados,

tu piel me atravesó,

sílex olvidado

en la noche de mis ojos.

.

.

 

Version française.

.

Ce n´est qu´en touchant

la fissure du rocher,

puit de peur, opacité de silence,

que je compris la force de ta peau;

ta peau, incluse en moi.

.

À mille brasses de profondeur,

tu étais là, imaginé et certain.

.

Sous le suaire,

ta peau grise d´écailles,

dissolution de galaxies,

d´esquisses de lumière,

fureur et équations,

ta peau me transperça,

silex oublié

dans la nuit de mes yeux.