“El espíritu de los muertos vela”. “L´esprit des morts veille”.

Manao tupapau. Paul Gauguin.

Miedo al infierno,  preso bajo mi piel, a sus llamas rasantes, a la opacidad de sus ojos (ojos repetidos y deformes en un laberinto de espejos), a su cola de serpiente que estrangula mi garganta.

Tanto
tanto
miedo
que huyo al galope de las sombras dentelladas que chasquean en mi cabeza.

Leve consciencia de mi rostro, ojos entornados hacía lo más profundo, cejas alzadas hacía el cielo ( trapecios donde sujetar una ilusión de libertad, la fugacidad de la brisa, y, así, poder aliviar las miserias de una acróbata presa de vértigo).

Sollozos en la red de mis venas vacías de sangre. Opalescencia verde, litros de absenta, delirio entre luminiscencias, seducción de luz blanca que atrae y mata a las mariposas cuando la noche oprime,

sus alas de terciopelo negro rozan mi piel…

pobreza de vida que se pasea

fuera de mí

absorta en registrar las grietas de los muros.

Version française.

Peur de l´enfer enfermé sous ma peau, à ses flammes, à ses yeux glauques (yeux répétés et diformes dans un labyrinthe de miroirs), à sa queue de serpent qui étrangle ma gorge.

Peur
peur
tellement peur

que je fuis au galop les ombres dentellées qui se battent dans ma tête.

Conscience fugitive de mon visage, esquisse de paupières fermées, yeux revulsés à l´intérieur de moi, profondèment, sourcils dressés vers le ciel (trapèzes où accrocher une illusion de liberté, la fugacité de la brise, et, ainsi, pouvoir alléger les misères d´une acrobate malade de vertige).

Sanglots dans le filet de mes veines vidées de leur sang. Opalescence verte, litres d´absinthe, délires de luminiscences, séduction de la lumière blanche qui atrappe et qui tue les papillons dans l´opression de la nuit,

leurs ailes de velours noir caressent ma peau…

pauvreté de vie qui se promène

très loin de moi,

absorbée à registrer les crevasses des murs.

Érase una vez, Mata Mua.

Paul Gauguin. Mata Mua. 

Érase una isla, una isla errante que navega dentro de mí.

A lo largo de mi vida, la he observado, sin cansarme jamás, detrás de cualquier ventana mojada de lluvia, isla tejida de agua y espuma, al alcance de la mano. Isla fantasma que se escurre  entre los dedos, como la arena del tiempo, nada más asirla.

La he visto en el gesto de un niño intentando apresar la luna: los pies de puntillas, en equilibrio sobre el último peldaño de la sombra de una escalera, los brazos tensados por el esfuerzo, inundados de luz.

La he vuelto a ver, esta mañana, en la mirada de una anciana, perdida sobre la superficie de un charco, donde se reflejaba un rayo de sol, multiplicado y fraccionado por las piedrecitas blancas que allí tiraba, una tras otra, con el deseo,  agudo y concéntrico, de encontrar el camino de vuelta.

Cuando la noche cede su sitio al sueño, el mar, empujado por una marea libertina, invade mi dormitorio. Mi cama es isla, verde de jungla, bordeada de playas de arena blanca, recorrida por arroyos cristalinos. Una isla primitiva donde los caballos son azules,  donde los hombres y las mujeres son dulces y calmos, entregados a respirar el latido rojo de una flor sin nombre.

Una isla donde naufragar los días de desesperanza, cuando la mancha de un espejo sin  azogar se adhiere a la piel, cuando la ausencia y el silencio impregnan la acera.

Por navegar dentro de mí,  sé que mi isla es tan inaprensible y dorada como lo es una reminiscencia de vida, sé que es una quimera que se escapa para pegarse sobre la pantalla de mi ordenador, rodeada de letras, olas que se curvan y se aplanan hasta perderse en el océano virtual.

Y mi isla de susurrarme:

_ Ánclame, a pesar de todo, con un punto, rebelde, salvaje y libre

érase  una vez

Version française.

 

Paul Gauguin.

Il était une fois une île, une île errante qui navigue en moi.

Tout au long de ma vie, je l´ai observée, sans jamais me lasser, derrière une fenêtre mouillée de pluie, île tissée d´eau et d´écume à portée de la main. Île fantôme qui glisse  entre les doigts comme le sable du temps.

Je l ´ai vue dans le geste d´un enfant essayant d´attraper la lune, en équilibre sur la pointe des pieds,  posés sur le dernier échelon de l´ombre d´une échelle, les bras raidis par l´effort, illuminés de clarté.

Je l´ai revue, ce matin, dans le regard d´une vieille dame, perdue sur la surface d´une flaque où se reflétait un rayon de soleil, multiplié et fraccioné par les petits cailloux blancs qu´elle y jetait, les uns après les autres, avec l´espoir, aigu et concentrique, de pouvoir, enfin, trouver le chemin du retours.

Quand la nuit cède sa place au sommeil, la mer, poussée par une marée libertine, envahit ma chambre. Mon lit devient île, vert de jungle, bordé de plages de sable blanc, parcouru de rivières cristalines. Une île primitive où les chevaux sont bleus,  où des hommes et des femmes, doux et calmes, respirent avec ardeur l´élancement de sang d´une fleur sans nom.

Une île où pouvoir échouer, les jours de désespoir, quand la tache d´un miroir sans tain adhère à la peau, quand l´absence et le silence poissent le trottoir.

Comme cette île navigue en moi, je la sais aussi insaisissable et dorée qu´une réminiscence de vie, une chimère qui s´échappe et se colle à l´écran de mon ordinateur, entourée de lettres,  qui,  comme les vagues, se courbent et s´aplatissent jusqu´à se perdre dans l´océan virtuel

Et mon île de me susurrer:

_ Ancre moi, malgrè tout,  avec un point rebelle, sauvage et libre

il était une fois