Soliloquio en blanco y negro. Poesías publicadas en español y en francés. Cuarta entrega.

Portada Juanjo Fernández.

El mundo es plano. Una luz se mueve,

fluye como el mar bajo la luna,

repta, se introduce en mis ojos,

mi nariz, mis oídos,

asoma por la comisura de mis labios,

se desliza en mi boca,

cruje bajo mis dientes,

se reproduce en mi saliva.

Anillas gelatinosas

que se desenroscan,

se ensanchan, me llenan.

 

Colonizas mi cuerpo,

todo mi ser palpita.

 

 

 

 

Prisionera del tiempo,

palpo tu huella,

moldeo tu rostro,

tu frente, tu nariz,

el hueco de tus mejillas,

tu boca. Mis labios tiemblan,

deseo de volver a ser besados

por tu cuerpo en la orilla de la cama.

 

 

 

 

En el seno de mi cuarto oscuro,

te revelo. Naces y te yergues

en el fondo de mi cubeta.

Te ahogas, desapareces,

te retengo con mis brazos,

te araño con mis uñas,

labro tu cuerpo,

siembro en tus surcos

racimos de glóbulos rojos.

Love and pain. Edward Munch.

Le monde est plat. Une lumière bouge,

coule comme la mer sous la lune,

glisse, s´introduit dans mes yeux,

mon nez, mes oreilles,

se pointe à la comissure de mes lèvres,

se glisse dans ma bouche,

crisse sous mes dents,

se reproduit dans ma salive.

Anneaux de gélatine

qui se déroulent dans ma gorge,

s´élargissent, me remplissent.

 

Tu colonises mon corps,

tout mon être palpite.

 

 

 

 

Prisonnière de ton temps,

je palpe ta trace,

modèle ton visage,

ton front, ton nez,

le creux de tes joues,

ta bouche. Mes lèvres tremblent

du désir d´être de nouveau embrassées

par ton corps tout entier sur la rive du lit.

 

 

 

 

Au sein de ma chambre noire

je te développe. Tu renais

dans le fond de mon bac.

Tu te noies, tu disparais,

je te retiens avec mes bras,

je te griffe avec mes ongles

je laboure ton corps,

et sème dans tes sillons

des grappes de globules rouges.